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Architecte débutant – Comment se lancer sans publicité

Par Laurent Brixius

Votre signature sur votre diplôme d’architecte n’est pas encore sèche que vous voulez vous lancer à corps perdu dans la profession d’architecte, montrer de quoi vous êtes capable, réaliser de grands projets d’architecture… Pour certains, le retour à la vraie vie est rude après des années d’études à bâtir des châteaux de sable.

Vos principales difficultés

  • Vous n’avez aucun bâtiment construit à votre actif
  • Vous avez donc peu ou pas de clients actuels
  • Vous avez peu de relations professionnelles
  • et peu d’expérience professionnelle

Mais rassurez-vous : vous avez aussi des avantages…

Vos atouts

Contrairement à la toute grande majorité des architectes expérimentés, vous avez à votre disposition quelque chose qui a pour eux une très grande valeur : du temps !

Du temps pour…

  • pour participer à des concours ;
  • pour participer à des projets conceptuels ;
  • pour développer votre philosophie de l’architecture, vos idées, vos valeurs ;
  • pour vous former aux nouvelles technologies, pour explorer les nouvelles tendances du marché de l’architecture.

Comment se faire connaître comme jeune architecte

Une des qualités qu’un client demande à son architecte, c’est la créativité, l’imagination. Faites-en preuve pour vous faire connaître.

Voici déjà quelques pistes :

Développez votre image publique

Vous voulez une autoroute vers la médiatisation de vos activités, de vos projets, de votre personne ? Alors misez sur la médiatisation par association.

Profitez de l’aura d’un atelier d’architecture reconnu

  • Devenez collaborateur d’un bureau d’architecture fortement médiatisé. Si possible, optez pour un atelier d’architecture reconnu internationalement, un bureau qui participe à des concours qui attirent l’attention du public.
  • Mettez-vous à votre compte et arrangez-vous pour que tout le monde sache où vous avez travaillé.
  • Participez à des concours médiatisés (et produisez des visuels remarquables et séduisants). Peu importe que le projet soit réalisable ou non… D’autant que, malheureusement, nombre de projets lauréats ne seront de toute façon jamais réalisés.
  • Ne manquez pas une occasion de faire publier vos projets. Donnez rapidement aux journalistes ce dont ils ont besoin.
  • Lorsque vous décrochez une commande, contactez la presse en leur fournissant du contenu utile (données du projet, philosophie… et toujours des rendus de qualité qui attirent l’attention)
  • Recontactez la presse quelques temps avant l’inauguration officielle de votre bâtiment. Envoyez des photos de l’état d’avancement des travaux.
  • Faites réaliser des photos de très haute qualité par un photographe d’architecture professionnel (non, ce n’est pas un métier qui s’improvise).
  • Puis invitez la presse à visiter votre projet (avec l’accord de votre client) et fournissez un dossier de presse complet avec vos photos.

Cette solution n’est bien entendu pas adaptée à tous les jeunes architectes. Commencer par travailler comme collaborateur d’un atelier d’architecture expérimenté et reconnu pour la qualité des ses réalisations et de ses services est cependant un fameux tremplin pour l’avenir.

Développez votre réseau

C’est triste à dire, mais vos relations ont plus de valeur que votre talent. Pour obtenir des commandes, vous devez inspirer confiance à votre client. Et une belle image ou un diplôme prestigieux sont insuffisant pour l’obtenir.

Posez-vous la question : que faites-vous lorsque vous devez prendre une importante décision. Si vous êtes comme la plupart des gens, vous demandez à vos proches leur avis. Ont-ils déjà essayé ce produit ? Ont-ils quelqu’un à vous conseiller ?

C’est la raison pour laquelle vous devez développer un réseau de personnes qui connaissent votre travail, vos compétences, qui vous apprécient… et surtout qui peuvent vous recommander !

Ces personnes peuvent faire partie de plusieurs réseaux :

  • la famille
  • les amis
  • les anciens camarades d’école
  • les anciens collègues
  • le monde associatif (oeuvres caritatives, mouvements de jeunesse, clubs sportifs, hobby, fans de musique, etc.)
  • sans oublier le milieu professionnel bien entendu (client, partenaires dans le domaine de la construction, etc.) N’oubliez pas de développer votre réseau de confrères en vous inscrivant à une association d’architectes. C’est souvent l’occasion de développer des partenariats et de profiter de l’expérience professionnelle d’architectes plus expérimentés. Les architectes établis sont souvent surchargés par des petits projets peu rémunérateurs qu’ils préféreraient souvent déléguer ou transmettre. C’est l’occasion de mettre le pied dans l’engrenage.

Mais pour lier des contacts, il est important d’être capable de se présenter en deux minutes de façon attractive et mémorable.

Pour développer votre réseau d’affaires, je vous conseille cette lecture : Est-ce que votre réseau vous permet de trouver de nouvelles affaires ?

Développez votre identité numérique

Le web est un média en pleine expansion. Quel que soit votre âge, de plus en plus de clients potentiels chercheront des informations sur vous sur Internet.

Si vous n’êtes pas sur le web, vous n’existez pas

. On n’en est sans doute pas encore tout à fait là mais ça viendra vite.

Les occasions d’être présent et visible sur le web sont nombreuses et, le plus souvent, gratuites ou peu coûteuses :

  • Publiez votre site web ou votre blog
  • Inscrivez-vous dans les principaux médias sociaux
  • Publiez votre CV en ligne (et mettez-le régulièrement à jour)
  • Publiez votre portfolio en ligne
  • Participez activement à des forums de discussion sur l’architecture.

Et tournez sept fois votre clavier avant d’écrire quelque chose que vous pourriez regretter plus tard : Internet a la mémoire très longue.

J’espère que ces réflexions et conseils pourront vous aider dans votre démarche professionnelle pour lancer votre activité professionnelle d’architecte.

Soignez vos relations avec vos clients

Une fois vos premiers projets décrochés, gardez le contact avec vos clients même après la réception définitive de la construction. Vos clients satisfaits sont vos meilleurs vendeurs si vous parvenez à rester dans leur mémoire. Evitez cependant de les harceler par des appels incessants. Un appel tous les 2 ou 3 mois me semble déjà bien. Intéressez-vous sincèrement à vos clients, cela vous permettra d’être attentif à leurs centres d’intérêt et de pouvoir les contacter pour leur transmettre une information intéressante pour eux. Rendez-leur un service.

Avant de faire votre promotion, veillez à la qualité de vos réalisations et de votre service au client. Le bouche-à-oreille est un arme à double tranchant qui peut ternir très vite une réputation en cas de réalisation ou de service médiocre.

Vous avez décollé ? Qu’est-ce qui a fonctionné pour vous ?

Et vous, qu’est-ce qui vous a permis de vous lancer lorsque vous étiez un jeune architecte débutant ?

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9 commentaires jusqu'à maintenant »

  1. david a dit,

    le 8 août 2010 @ 19:55

    Salut Laurent Brixius,
    C’est trop cool,tout ce que vous faites dans ce sens pour promouvoir l’architecture et aider les jeunes à se tailer une place et une image au sein de la société.
    Je suis David, technicien en bâtiment et en génie civil(togolais de père et ghanéen de mère).
    Je bosses actuellement avec un architecte diplomé d’état au Togo.
    J’ai beaucoup aimé lire vos articles. C’est trop formidable.
    et les conseils sont percutants. Vous êtes comme un grand frère pour nous. J’ai réalisé une expérience formidable. Et je vois que vous l’avez appelé ici (développez vos réseaux).
    Ca a marché pour moi.
    Je dirai qu’il faut être dynamique et actif dans sens. J’ai parlé à mes amis(si possible toutes les personnes que je connais dans cette vie et montrer un peu mes réalisations). Trop cool et je vois que ça marche.
    En moins de 2 mois, je suis inondé de projets. Waooh….
    Laissez vos projets parler pour vous.
    Et parlez seulement que quand vous projets n’arrivent pas à le faire pleinement.
    Et ça passe…………..
    Merci Laurent
    a+

  2. DAVID a dit,

    le 11 août 2010 @ 13:42

    Merci pour les conseils.
    De ma part la jeunesse est un atout. C’est vrai que un bateau vieux a de l »expérience sur la mer mais a besoin bcp d’entretien et de contrôle
    alors que un jeune bateau construit a peine 1mois a plus de chance.
    Tels sont les jeunes diplômés.

    Laurent stp
    Comment arrivez-vous a fixer le prix de vos projets ?
    Comment faites-vous pour ne pas perdre ?
    Quel est le secret?

  3. Laurent Brixius a dit,

    le 11 août 2010 @ 14:54

    Bonjour David,

    Votre enthousiasme fait plaisir à voir !

    Chaque membre d’une équipe, jeune ou vieux, apporte sa participation à la réussite commune. Les plus vieux ont l’expérience, les jeunes amènent la vigueur, la fraîcheur, les idées nouvelles et des connaissances techniques actualisées.

    Cela dit, les plus anciens aussi peuvent rester à jour dans leurs connaissances techniques. Je suis un farouche défenseur de la formation continue à vie (même après le jour de la retraite). Le monde avance et change vite, très vite, dans la vie professionnelle comme dans la vie de tous les jours. Les personnes âgées qui sont dépassées par Internet et les nouvelles technologies vont rencontrer de plus en plus de difficultés dans leur vie de tous les jours. De plus en plus de services, y compris publics, nécessitent Internet… et cela ne risque pas de changer à l’avenir.

    Le choix du bateau comme métaphore me semble inadapté. Avec l’expérience (et s’il poursuit sa formation continue), le travailleur gagne en efficacité, en confiance en lui et en capacité à contrôler lui-même son travail.

    Comment fixer le prix d’un projet ?

    Cela mériterait à lui seul un article. Pour faire court, je dirais que vous devez tout d’abord déterminer vos coûts annuels de fonctionnement, vos besoins personnels et le bénéfice que vous souhaitez réaliser. Divisez cette somme par le nombre d’heures que vous prestez dans votre travail. Vous obtenez un taux horaire à appliquer. Après cela, c’est l’expérience qui joue pour évaluer de façon crédible le nombre d’heures nécessaires pour la réalisation d’un projet. J’ajoute ensuite une marge pour les imprévus (il y a toujours des imprévus) pour obtenir un prix forfaitaire.

    Un coup on gagne, un coup on perd… Fixer le prix d’un projet est un travail d’équilibriste… Un équilibre qui vient avec l’expérience.

    Le prix demandé doit évidemment être cohérent par rapport aux prix pratiqués dans votre domaine professionnel et votre région par vos concurrents. Selon votre réputation, vous pourrez graduellement élever votre taux horaire. L’essentiel est que votre client en aie pour son argent. Vous devez donc être à la hauteur de votre réputation et de vos prétentions financières.

    J’ajoute votre question à ma liste d’articles pour développer en détail ce sujet.

  4. david a dit,

    le 13 août 2010 @ 18:50

    Merci Laurent

    Merci pour les conseils

    Je vois vraiment que l’exemple portant sur le bateau n’est pas proprement adapté. J’ai réfléchi à cela.
    Merci beaucoup.
    J’ai eu votre réponse.souvent j’entends dire que par rapport au prix fixé qu’il faut aussi tenu compte des relations que l’on a avec ses clients et la personne en question.

    Par exemple un ami de longue date qui te confie un projet et un parfait inconnu que tu viens de rencontrer.

    Comment voyez vous ça? SVP LAURENT.
    MERCI BEAUCOUP POUR LES CONSEILS
    C EST CLAIR

  5. Laurent Brixius a dit,

    le 16 août 2010 @ 14:03

    Bonjour David,

    Vous pouvez bien entendu faire bénéficier un ami de longue date d’une petite remise de prix.

    Attention toutefois au fait que le prix est directement lié à la valeur perçue de votre service. Si vous travaillez à moitié prix, votre prestation sera perçue, même par votre ami, comme ayant moins de valeur. D’autant que, dans le domaine de l’architecture qui est le sujet de ce blog, l’architecte est toujours responsable et qu’il devra, dans beaucoup de pays, s’assurer en responsabilité civile. Pas question donc de fournir un service réduit.

    Je pense donc que cela doit rester une exception.

  6. Laurent Brixius a dit,

    le 16 août 2010 @ 14:08

    En attendant un article sur l’estimation de prix d’un projet d’architecture, je vous invite à lire la série d’articles que j’ai publié sur le blog d’ARCH’image sur l’estimation de prix d’une image de synthèse d’architecture. Commencez par le premier !

    Vous y retrouverez quelques questions essentielles à se poser pour déterminer le prix que vous devez demander pour vos prestations. A vous d’adapter le contenu à votre situation professionnelle.

  7. david a dit,

    le 1 septembre 2010 @ 13:30

    merci bcp mr laurent,
    merci pour l’aide apporté dans ce domaine.
    j’étais un peu pris c’est pourquoi je n’ai pas vite répondu à votre commentaire.
    merci bcp
    je vais lire l »article et apporté mes commentaires à ce sujet.
    nous gardons le contact……………

  8. KOLLECTIF.NET :: Information :: Architecture :: Design :: Montréal (Québec) | Coup de coeur - “ARCHImarketing” a dit,

    le 15 octobre 2010 @ 20:58

    [...] Un site belge qui offre quelques trucs intéressants en marketing pour les architectes. Pour quelqu’un qui a fait ses études en marketing aux HEC par exemple, ce site pourrait paraître “de base” mais il est vrai que les architectes (surtout dans les bureaux de petite et moyenne envergure) semblent réticents à cette approche de commercialisation (par manque d’intérêt, de connaissance et/ou de temps). L’article sur les architectes débutants est particulièrement intéressant! [...]

  9. Gelard Philippe a dit,

    le 16 août 2011 @ 9:50

    Salut Laurent,

    Merci pour ces infos.
    Je suis jeune archi et j’ai fondé mon agence… en Finlande!
    Vos conseils sont très intéressants en effet.
    Mon agence a presque 2ans maintenant et se tient, mais 80% de mes commandes viennent de partenaires, et non de clients privés. L’avantage des partenaires c’est qu’ils sont des clients réguliers, l’inconvénient, c’est que si l’un d’entre eux ne m’envoie plus de commandes, alors je perds un pourcentage trop important de mon chiffre d’affaire.
    Les partenaires sont aussi faciles à démarcher du fait que l’on sait où ils sont: constructeurs, sous traitance d’agence d’architecture…
    Cependant je ne suis pas sûr de leur capacité à répandre ma réputation: puisque je sous traite, je ne signe pas les projets, et mes différents partenaires peuvent être aussi concurrents…
    Les compétitions sont certainement bien pour lancer une réputation, mais une grande quantité de compétitions concernent des bâtiments publics, qui souvent sont trop larges pour être réalisés par une agence comme la mienne, où je suis le seul employé. Du coup je dois participer à des compétitions plus humbles, qui souvent recoivent une nombre trop important de concurrents (souvent plus d’une centaine). j’ai plus l’impression de donner mon temps sur un lancé de dés que sur une compétition.
    Bref, je me sens un peu dans l’impasse, avec le profond désir de développer mon agence mais un sentiment de ne pas savoir m’y prendre… On peut avoir des centaines d’idées sur l’architecture et une profonde philosophie, être le boss d’une agence est avant tout un travail de businessman, pas d’architecte… et mon vrai problème est: comment démarcher des clients?

    Merci

    Philippe

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